Moshe Dayan

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Moshe Dayan (1915-1981), militaire et homme politique israélien ; quatrième chef d’état-major général de Tsahal (1953-1958), ministre de l’Agriculture (1959-1964), ministre de la Défense (1967-1974) et ministre des Affaires étrangères (1977-1980).

Ne en Palestine, sous la domination ottomane, symbole de la puissance militaire d’Usrael,vainqueur de la campagne de Suez (1956) et de la guerre de Six Jours (1967), Moshé Dayan fut l’un des représentants les plus authentiques des sabra (natifs du pays) israéliens.

Ses grands-parents,  religieux hassidiques, avaient été des juges rabbiniques, Dayan en hébreu. Ses parents Shemouel et Dvora  venaient de la région de Kiev, en Ukraine. Moshe Dayan naquit au Kibboutz de Deganyah, au bord du lac de Tibériade, l’enfant Moshé a eu une tendre enfance pénible durant la période de la Première Guerre mondiale. Après quelques années difficiles dans le premier kibboutz du pays, le père Shemouel,  pionnier et idéologue sioniste, fonde le premier moshav de la Palestine du Mandat britannique : Nahalal, près de Haïfa, ou Moshe grandit. Ses parents, Shemuel et Devora Dayan furent parmi les fondateurs de Deganyah et de Nahalal.

La vie de Moshe Dayan fut mêlée dès sa jeunesse aux systèmes de protection et de défense du Yishouv et de l’Etat. Après sa bar-mitzva, le jeune Moshé s’engage dans les rangs de la Haganah. Il monte à cheval et galope dans les champs  avec une vieille carabine, toujours prêt à défendre son village contre les bandes de pilleurs arabes. Contrairement aux préjugés de ses parents, il se familiarise rapidement avec les bédouins de la région. Il aime leur mode de vie et leurs coutumes et apprend l’arabe.

Il remplit la fonction de “garde” à l’époque du mandat britannique, se joignit à l’organisme de la Haganah, fut l’un de ceux qui surveillèrent l’oléoduc pétrolier vers Haïfa et fut parmi les premiers volontaires à appartenir aux “compagnies spéciales de nuit”qu’avait fondées Charles Orde Winegate.

En 1934, Moshé fait la connaissance de Ruth Schwartz. Elle vit à Jérusalem avec ses parents et parle parfaitement l’anglais. C’est le coup de foudre. Le 12 juillet 1935, ils se marient à Nahalal. Moshé a 21 ans, il porte une chemise blanche, une kipa et des sandales bibliques ; Ruth, 19 ans, est vêtue d’une robe blanche  brodée. Un rabbin yéménite dirige la cérémonie nuptiale. Elle est suivie de danses folkloriques russes et arabes. Des bédouins de la région jouent de la flûte et tambourinent sur la darbouka.

Moshé et Ruth part en voyage de noces en Angleterre. Ils prennent du port de Haïfa le bateau pour Marseille, puis le train pour Paris. Deux semaines plus tard, ils arrivent à Londres, éperdument amoureux. Contrairement à Moshé qui ne supporte pas la grisaille et le climat londonien, Ruth aime cette capitale. Elle a déjà vécu plus de cinq ans en Grande-Bretagne. Moshé souhaite surtout améliorer son anglais. Ce voyage de noces ne durera que quelques semaines.

En Palestine, le nationalisme arabe gronde et les bédouins sont contraints de se joindre à la révolte contre les nouveaux pionniers juifs. Suite à la flambée de violence et aux attaques arabes contre les villages sionistes, Moshé Dayan et son épouse quittent Londres et retournent à Nahalal. Ils logent dans un modeste baraquement.

Par la suite, Moshé prend l’initiative de suivre des cours d’entraînement et de combat.

En 1936, il est instructeur de la Haganah et donne des cours de formation. Il enseigne l’art de l’attaque et l’infiltration par surprise d’une base ennemie. Il se fait remarquer par ses supérieurs par son courage et sa persévérance de vaincre. Quelques mois après, il joint les rangs d’un vaillant capitaine britannique, Orde Wingate, devenu un grand défenseur de la cause sioniste. Il enseigne à Dayan et ses compagnons la manière de combattre le terrorisme et les groupes armés arabes.

Après le rappel de Wingate à Londres, Dayan poursuit ses activités clandestines dans la Haganah. Il est arrêté et emprisonné par les Britanniques dans une vieille citadelle des Croisés, située près de Saint Jean d’Acre. Condamné à 5 ans de prison et mis dans un cachot avec un groupe de jeunes combattants de la Haganah et des délinquants arabes, Dayan passe son temps à fabriquer des colliers multicolores et à décorer des vases. Il profite de son inactivité forcée pour parfaire ses connaissances de l’anglais et l’arabe. Ses livres préférés sont la Bible et les   histoires populaires et humoristiques  d’O’ Henry.

Il est relâché un an plus tard suite au changement d’attitude des autorités britanniques envers les Juifs de Palestine. 

Dayan retourne à la ferme familiale de Nahalal et retrouve sa femme Ruth et sa fille, Yael, qui vient d’avoir un an.

Les retrouvailles ne durent que quelques jours : Moshé repart avec son unité pour combattre cette fois la France de Vichy, à la frontière libanaise. Après sa grave blessure à l’œil, la famille Dayan quitte Nahalal et s’installe à Jérusalem, chez les parents de Ruth. Ainsi, Moshé peut suivre à l’hôpital local son traitement quotidien nécessaire.

Brûlant d’impatience et souhaitant être utile dans la Haganah en dépit de son infirmité, Moshé s’engage volontairement  dans les services de renseignement de l’Agence juive, dirigé par Reuven Shiloah, devenu par la suite le premier chef du Mossad. Les Britanniques ont apporté un soutien logistique et technique et organisent avec la Haganah des réseaux clandestins qui ont pour but de recueillir des renseignements sur les bases et postes allemands en Europe et en Afrique du Nord. Certaines unités sont parachutées et ont comme mission de rejoindre les partisans, et de les aider à sauver et à faire évader les Juifs rescapés des camps de la mort nazis.

En Irak et en Iran, la Haganah organise l’autodéfense des Juifs et des filières pour leur départ. Les attaques contre les Juifs se multiplient et en juin 1941, on compte plus de 400 morts  dans le quartier juif de la capitale irakienne. Une action rapide devient impérative et il faut être sur place.

Dans le cadre de ses activités clandestines, Moshé Dayan se trouve pendant 3 jours à Bagdad. Il en profite même pour faire du tourisme. Il visite le célèbre musée de l’époque mésopotamienne, encore jeune pour admirer les vestiges d’un passé si lointain et s’intéresser à l’archéologie. Ce n’est que plusieurs années plus tard qu’il se passionnera pour l’art de l’antiquité et pour la science des choses impressionnantes et anciennes.

De retour en Palestine, Dayan consacre ses activités à l’organisation clandestine de défense. Bien qu’étant membre actif de la Haganah, il est parmi les rares travaillistes à apprécier les actions courageuses du Etsel de Menahem Begin et du Lehi d’Itzhak Shamir contre les Britanniques et surtout leur esprit de sacrifice pour la patrie. 

En 1939, Moshe Dayan fut arrêté par les Britanniques, en même temps que 43 autres participants au cours de formation des dirigeants de la Haganah, dont il était responsable, et fut emprisonné à Acre. A sa libération environ deux ans après, durant la Seconde guerre mondiale, il se porta volontaire pour participer à des actions contre l’armée de Vichy en Syrie :

« Sa première épreuve remonte au mois de mai 1942. Le Liban et la Syrie étaient sous contrôle du gouvernement de Vichy. Une attaque syro-libanaise synchronisée avec la poussée de Rommel en Afrique du Nord contre les villages juifs du nord de la Palestine paraît imminente. Devant la menace, des volontaires s’engagent dans les unités britanniques. L’un d’eux, un jeune officier, reçoit l’ordre d’effectuer une mission de reconnaissance à la frontière libanaise.
C’est le printemps et le soleil brille. Tout à coup la patrouille essuie une fusillade nourrie. Le jeune officier cherche à repérer d’où proviennent les coups de feu. Il prend ses jumelles ; dès qu’il les ajuste il sent son crâne éclater. Il tombe à la renverse et perd connaissance. Ses compagnons affolés ne savent que faire. La patrouille trouve un refuge pour attendre des renforts qui n’arriveront deux heures plus tard.

Le jeune officier devra la vie, paradoxalement, aux éclats de verre des jumelles qui ont fait tampon, évitant l’hémorragie.
On apprendra par la suite que c’est une balle française qui lui a perforé  l’œil.

L’œil gauche est définitivement perdu. Le bandeau noir qui couvre la plaie béante va entrer dans la légende plus de 40 ans.  » , Une fois rétabli de sa blessure, il travailla durant un certain temps dans son exploitation agricole à Nahalal.

En avril 1946, Dayan participe à Bâle à une réunion du Mapai dirigée par David Ben Gourion. Frustré par son bandeau noir qui attire l’attention et la curiosité des passants, il décide de se faire opérer par un ophtalmologue parisien. Le chirurgien devait greffer un os dans l’orbite pour pouvoir y faire tenir un œil artificiel. Hélas, l’opération échoue et Dayan reste à l’hôpital Cochin durant  plus d’un mois, en souffrant le martyre et atteint d’une forte fièvre.

Quelques mois plus tard, la guerre d’indépendance éclate et Dayan est mobilisé. Son frère Zorik, officier dans la brigade Carmel, est tué le lendemain de la proclamation de l’Etat juif.

Il est mort dans les combats du kibboutz Ramat Yohanan, laissant une femme et un fils ; un bébé du nom d’Ouzy, qui deviendra, 35 ans plus tard, général dans l’armée israélienne.

Surmontant difficilement le deuil de son frère, Moshé prend une part active aux combats et forme une unité spéciale de commandos dans le cadre du  89ième  bataillon. Après avoir commandé le secteur de Jérusalem, Moshé Dayan grimpe tous les échelons de l’armée pour devenir en 1954 chef d’état-major de Tsahal.

Dayan réforme profondément les méthodes de combats. Il est le premier à élaborer la doctrine de la guerre éclair préventive. Israël doit toujours surprendre l’ennemi en frappant fort les points vitaux. Cette dissuasion est indispensable pour gagner la guerre et éviter que l’arrière du pays ne souffre. Toutes les batailles doivent se dérouler en territoire ennemi.

En 1947, Moshe Dayan revint dans la Haganah et se joignit aux membres permanents de l’organisme. Il prit part à des actions dans les pays arabes voisins dans le but d’obtenir des renseignements. Au cours de la guerre d’Indépendance, il commanda le secteur de la vallée du Jourdain, et en tant que chef du bataillon 89, bataillon du commando de la huitième unité blindée, il prit part à la conquête de Lod et de Ramleh.

Ensuite, il participa aux combats contre l’armée égyptienne. C’est l’époque du réveil du nationalisme arabe. Le Colonel Nasser nationalise le canal de Suez. Dayan dirige les contacts secrets avec la France et la Grande Bretagne en vue d’une opération conjointe. La campagne de Suez éclate.  Dayan est le grand vainqueur. Brillant stratège, il opère sur plusieurs fronts et  fonce avec ses troupes dans le désert du Sinaï pour  arriver, 72 heures plus tard, au bord du canal de Suez. Il fut nommé commandant du district de Jérusalem et prit la direction des contacts avec le Roi Abdalla afin d’arriver à un accord dans le secteur oriental. Il prit part en mars 1949 aux négociations de Rhodes afin d’obtenir des accords de cessez-le-feu avec l’Egypte et la Jordanie.

Le nom du général borgne est sur toutes les lèvres des généraux des états-majors du monde entier. On enseigne ses opérations dans les écoles militaires. Il est reçu à Paris en grande pompe. En uniforme de Tsahal, il dépose une gerbe sous l’Arc de triomphe.

En 1950, Moshe Dayan fut nommé général commandant la région sud. Il fit des études à l’Ecole de commandement et d’état-major de l’armée britannique. En 1951, il fut nommé général commandant la région Nord et en 1952 à la tête du département de l’état-major à l’état-major général. En 1953, il fut nommé chef d’état-major général. Tandis qu’il occupait ce poste, il abaissa la limite supérieure de l’âge du commandement en chef et soutint le développement des unités de parachutistes, des forces blindées et aériennes. Il commanda également Tsahal durant l’opération Kadesh et manifesta à cette occasion toutes ses capacités de chef militaire.

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Après avoir quitté en 1958, le poste de chef d’état-major général de Tsahal, Moshe Dayan fit des études dans les domaines des Sciences politiques et du Moyen-Orient à l’Université Hébraïque de Jérusalem. En 1959, il fut élu député sur la liste du Mapaï. Durant cinq années, de 1959 à 1964, sous le gouvernement de David Ben Gourion, il occupa la fonction de ministre de l’Agriculture. Il démissionna de cette fonction en novembre 1964 sous le gouvernement de Lévi Eshkol. Une année plus tard, il rejoignit les rangs du parti Rafi (Reshimat Poale Israel, i-e : Liste des ouvriers d’Israël), nouveau parti politique fondé par David Ben Gourion et quelques anciens députés du Mapaï quelques mois plus tôt. Moshe Dayan fut l’un des dix députés de cette liste élus à la 6ème Knesset. En 1966, il partit pour le Vietnam qui était alors en pleine guerre.

Il profita de ce temps pour apprendre des Américains comment mener une guerre avec des moyens technologiques modernes. Le 1er juin 1967, bien que peu apprécié du premier Ministre, Lévi Eshkol, ce dernier fut obligé sous la pression de l’opinion publique, de lui confier le portefeuille de la Défense afin de faire face à la grave crise qui menaçait Israël.

Bien que Moshe Dayan ne prît pas part aux combats mêmes de la Guerre des Six jours, il en fut malgré tout un acteur prépondérant, dans la mesure où il fut à la tête de ceux qui prirent les bonnes décisions et options. Il réussit, avec son chef d’état major Itzhak Rabin, à vaincre en six jours et sur trois fronts différents les armées arabes réunies. C’est une guerre éclair sans précédent dans l’histoire contemporaine. A la suite de cette victoire d’Israël, la popularité de Moshe Dayan ainsi que son influence politique atteignirent un sommet.

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Moshé Dayan devient l’homme politique le plus populaire d’Israël et le symbole de l’Etat juif. A chaque déplacement, que ce soit en Israël, dans les territoires occupés ou à l’étranger, il est accueilli comme une vedette de cinéma. On l’admire passionnément. Depuis qu’il porte l’uniforme, les femmes l’adorent et recherchent sa compagnie. Dayan a plusieurs aventures galantes…

Dayan adore les bains de foule et on se bouscule pour obtenir un autographe. Il aime à flâner dans les souks à s’asseoir à la terrasse d’un café et à discuter avec les passants en arabe. Il sonde à sa manière l’opinion publique et il est convaincu que seul le dialogue ouvert peut aboutir à une meilleure compréhension entre les peuples.

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Sa position en Cisjordanie et à Gaza est très libérale et souvent contraire à l’avis des militaires et à celui du Shin Beit.

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Il proclame sans attendre la politique « des ponts ouverts » en permettant, sous un contrôle minutieux, le passage des familles et des marchandises vers la Jordanie et de là, vers les autres pays arabes. Cela dure plusieurs années et donne un second souffle à l’économie.

Dayan, encouragé par sa politique et son optimisme inébranlable, déclare avec une forte prétention : « Nos frontières sont fortes et solides et le rêve des Palestiniens d’un Etat indépendant est brisé à jamais. La grande majorité des Palestiniens préfère vivre dans ces conditions avec nous».

Dayan, qui est agnostique, parle pour la première fois en termes religieux : « Ceux qui croient que l’occupation par Israël de la Judée et de la Samarie est un phénomène temporaire ne devraient pas prêcher la Bible.» Puis, il ajoute avec force : « Je ne crois pas que dans les dix prochaines années, une nouvelle guerre éclatera avec les Arabes.» Des paroles prononcées en avril 1973… Hélas, il se trompe fortement.  

Comme ministre de la Défense, Moshe Dayan eut la responsabilité de la politique à mener dans les Territoires administrés par Israël. Il mena une politique libérale vis-à-vis des habitants de ces territoires, s’efforça de faire progresser le niveau de vie, leur permettant de venir travailler en Israël. Il eut en même temps une main de fer contre toute action terroriste.

Moshe Dayan continua d’occuper le poste de ministre de la Défense même lorsqu’à la mort de Lévi Eshkol en février 1969, Golda Meïr fut élue par les gens du Mapaï à la tête du gouvernement. Peu après l’arrivée au pouvoir de Golda Meïr, le président égyptien Gamal Abdel Nasser proclama la “guerre d’usure” contre Israël, guerre qui durera jusqu’au mois d’août de l’année suivante. Golda Meïr laissa à Moshe Dayan les mains quasiment libres sur tout ce qui concernait la sécurité et l’administration des Territoires et tous deux refusèrent à cette époque toute tentative de négociation avec l’Egypte.

Moshe Dayan pensait comme beaucoup d’Israéliens d’alors que les pays Arabes n’oseraient pas attaquer Israël et que même s’ils osaient le faire, ils n’avaient aucune chance de réussir. Cet excès de confiance le rendit aveugle devant les efforts déployés par le président égyptien Anouar el-Sadate qui succéda en septembre 1970 à Gamal Abdel Nasser ainsi que par les Syriens et prépara la mauvaise surprise de la guerre d’octobre 1973.

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En octobre 1973, la victoire éclatante de 67 s’efface par un « tremblement de terre » lors du Yom Kippour. Dayan, toujours ministre de la Défense, évoque dans une allusion biblique la fin du troisième Temple. Sa popularité tombe au plus bas. Des événements pénibles se succèdent. Des foules déchaînées lui crachent au visage. Le peuple israélien se montre sans doute impitoyable dans son verdict.

La guerre de Kippour fut donc engagée dans des conditions désastreuses et les pertes subies par Tsahal durant les premiers jours de combat furent énormes. Toutefois, Moshe Dayan se ressaisit et conduisit Tsahal à la victoire, après un spectaculaire retournement de situation tant sur le front sud où l’avance égyptienne fut stoppée que sur le front nord où les Syriens furent repoussés jusqu’à quarante kilomètres de Damas. Militairement une victoire fut remportée, mais politiquement l’échec fut cuisant.

Après la guerre de Kippour, aussi longtemps que Golda Meïr fut à la tête du gouvernement, Moshe Dayan demeura ministre de la Défense. A la suite d’une vague de mouvements protestataires contre la “conception” tenue pour responsable de la mauvaise surprise de Kippour, une commission officielle d’enquête fut nommée, la commission Agranat avec pour but de rechercher les causes des échecs initiaux de la guerre. Cette commission innocenta les chefs politiques de la responsabilité de l’échec, mais beaucoup estimèrent que Golda Meïr ainsi que Moshe Dayan auraient dû démissionner.

Il est certain que le conflit de Kippour entama le moral et la santé de Moshe Dayan. Il se retira en 1974 de la vie politique, mais y revint en 1977 sous le gouvernement du chef politique du Likoud Menahem Begin pour une courte période en tant que ministre des Affaires étrangères. Il prit alors part aux négociations de Camp David, y apportant une contribution efficace grâce à ses nombreuses compétences tant intellectuelles que d’homme d’État. Les accords de paix israélo-égyptiens furent signés à Washington le 26 mars 1979. Suite à divers différends avec Menahem Begin, Moshe Dayan démissionna le 26 octobre 1979 du gouvernement.

On oublie trop rapidement ce grand homme. Apres sa demission il écrit ses mémoires et fonde un journal : Hayom Hazé (Ce jour).

Freddy Eitan raconte : « J’ai eu le privilège de retrouver Moshé Dayan en tant que rédacteur en chef d’un journal du soir. Ses éditoriaux quotidiens et ses analyses étaient clairs et lucides. Je fus son correspondant à Paris, ce qui ne durera que 6 mois. Ce journal de qualité ne peut résister à la concurrence des autres quotidiens du soir, Yediot Aharonot et Maariv. Hayom Azé  boucla sa dernière édition. Toutes les tentatives de créer un nouveau « troisième journal », seront vouées à l’échec face aux deux géants de la presse.
En novembre 1976, je retrouve Dayan à Paris pour la promotion de son livre paru chez Fayard « Histoire de ma vie». Une bonne occasion pour lui de se montrer sans complaisance et de dire avec ses propres mots, ce qu’a été sa vie familiale, celle de pionnier à Nahalal, celle de soldat dans les rangs de Tsahal et celle d’homme politique. Je l’ai accompagné lors d’un débat télévisé animé par Jean-Marie Cavada. Ses opinions sont franches et claires. Il a des expressions frappantes pour décrire n’importe quelle situation : « Les Français, dit-il, sont des gens pratiques. Je ne suis pas sûr que l’amitié qu’ils témoignent aux Arabes vienne du fond de leur cœur, mais plutôt de leur besoin en pétrole. Israël bénéficie en France d’un grand capital de sympathie dont je suis conscient. »
Au centre communautaire du boulevard Poissonnière, Dayan participe à un dîner-débat où il répond à de nombreuses questions. Je  suis l’interprète et ma tâche est facile, ses propos sont concis et clairs. Tard dans la nuit, il continue à dédicacer son livre. Son épouse Rachel, impatiente, me demande d’intervenir pour arrêter la signature et pour qu’il puissent rentrer au Georges V. Je lui fais part discrètement de la requête mais il fait la sourde oreille. Suite à l’insistance de son épouse, il me répond sèchement : « Elle n’a qu’à attendre ! Elle ne voit pas que je suis occupé ?! » Il est toujours très sec et parfois désagréable à chaque fois qu’on l’interrompe dans ses occupations ou dans son travail. Lors qu’il était chef d’état-major, il manquait souvent de tact et ses méthodes étaient souvent brutales. Aucun sentiment ! Il déteste les  grognons et les pleurnicheurs.
Le légendaire Dayan est également un matérialiste. Il est conscient que son nom se vend bien, et il exige d’être payé pour donner des interviews à la presse étrangère. Je lui ai posé une fois la question et il me répondit avec superbe :
« Un journal étranger vendra plus d’exemplaires grâce à mon interview. Pourquoi je ne gagnerai pas moi aussi quelque chose »?…Mais par contre, si tu me demande de m’interviewer pour la radio ou pour la télévision israélienne, c’est gratuit… »
Les prix de Dayan sont parfois extravagants pour l’époque. Plusieurs milliers de dollars, dont la moitié sont d’ailleurs versée au fisc. Pour une brève interview à TF1, il exige un jour 15,000 dollars. La régie ne pouvait pas les débourser mais les paroles de Dayan étaient indispensables.
TF1 demande discrètement l’intervention du baron Edmond de Rothschild qui tient le général en grande estime. Lors des visites de Dayan à Paris, c’est lui qui le prend souvent en « charge».        
Au mois de mai 1977,  grand tournant dans la carrière politique de Moshé Dayan. Menahem Begin est Premier ministre. L’homme dont Itzhak Rabin avait dit : « C’est un objet archéologique, il ne sera jamais au pouvoir » va diriger le peuple d’Israël. Première décision, il demande au  travailliste Moshé Dayan de devenir le chef de la diplomatie : « The right man in the right place », dit Begin enchanté de voir Dayan quitter le parti travailliste pour le rejoindre. En effet, Begin a raison. Dans le cadre de ce poste-clé, Dayan influe la marche de la diplomatie israélienne dans les pourparlers de paix avec l’Egypte. Ses négociations et ses contacts confidentiels au Maroc aboutissent à la visite historique de Sadate à Jérusalem et à la signature des Accords de Camp David. Depuis sa jeunesse, Dayan connaît  la mentalité des arabes, il côtoie des bédouins et des notables et aime discuter avec eux autour d’une tasse de café…
Dayan est un habile stratège militaire mais  aussi un brillant diplomate.
Toutefois, dans sa lancée diplomatique, Dayan fonce dans le brouillard et souhaite trop hâtivement conclure un arrangement pacifique avec l’ensemble des pays arabes et des palestiniens. C’est alors que des divergences profondes émergent. Il juge Begin intransigeant et fanatique, et sa politique dans les territoires occupés « dangereuse pour la paix ». De caractère impulsif, il claque la porte et démissionne du gouvernement. Il forme un nouveau parti mais il est profondément ulcéré de n’obtenir que 2 sièges sur 120 aux élections de 1981. Il est beaucoup plus populaire à l’étranger que dans son propre pays. Pour lui, c’est le début de la fin. Il est atteint d’un cancer qu’il endurera en silence pendant plusieurs années. Toujours à ses côtés, Yael, sa fille aînée, et sa deuxième épouse Ruth l’entourent de soins. Son fils, Assy, a quitté le cocon familial  et l’école à l’âge de 14 ans. Il en veut amèrement à son père pour l’avoir « lâché » et pour avoir préféré la carrière militaire et politique à une présence quotidienne au foyer et à l’éducation des enfants.
Assy, devenu  cinéaste et acteur, plongea dans la drogue et la mélancolie et vit en solitaire, déchu et complexé. Il essaie par tous les moyens de se détacher de l’image de son père et de cesser enfin, d’être « le fils du général borgne »… Il ne réussira pas. Il reste baigner de l’aura du général légendaire.
Le 8  octobre 1981, je vais rendre visite à Moshé Dayan chez lui, dans sa maison de Tsahala, dans la banlieue de Tel-Aviv. C’est shabbat et rien ne presse. Dans son jardin, le soleil brille et des oiseaux survolent les arbres en gazouillant. Dayan m’accueille avec un sourire crispé. Il est vêtu d’une chemise et d’un pantalon kaki. Cet uniforme souillé de boue me parait beaucoup trop grand pour lui. Il a terriblement maigri et son corps devient minuscule. La maladie le ronge et il souffre. Une pioche à la main, seul dans son jardin, il fixe son regard sur ses merveilleux objets archéologiques, parait rêver. L’une de ses fouilles a failli d’ailleurs lui coûter la vie.  Il me sert un jus d’oranges pressées et s’affaisse sur un fauteuil en osier.
Nous discutons à bâtons rompus sur les questions d’actualité. Le président Sadate vient d’être assassiné et Dayan avait pour lui une grande estime. C’était un homme loyal. Mais ce n’est pas l’individu qui importe. L’homme disparaît ; sa politique continue. Son héritage est présent. Nous parlons des problèmes de l’existence. Il est spontané, sincère, parfois cruel dans ses propos, mais il garde toujours le sourire. Il évoque ses années de jeunesse, ses luttes, ses joies et ses peines, ses grands desseins et ses réalisations, ses succès et aussi ses échecs. Nous parlons archéologie, il est orfèvre en la matière et un grand passionné : « Quand je commence à fouiller, je me trouve en transe, je découvre des objets qui ont été utilisés par nos ancêtres et cela m’émeut profondément », me dit-il avec l’œil qui brille. Nous évoquons les chefs-d’œuvre et les vestiges des civilisations disparues que nous aimons contempler ensemble au Louvre et dans son propre jardin. Nous parlons journalisme, du quotidien que nous avions fondé. Visionnaire, Dayan parle de l’an 2000. Il pense que les monarques arabes disparaîtront tôt ou tard. Tous les Etats arabes suivront la voie de l’Egypte et signeront la paix avec Israël, car ils ne pourront jamais vaincre l’Etat Juif sur le champ de bataille. Quand je mentionne son attitude défaitiste lors de la guerre de Kippour, il essaie de se justifier et de dire que la commission Agranat n’a pas trouvé nécessaire de le juger. C’est un grand tort car les hommes politiques comme Dayan furent épargnés et les militaires en exercice sont devenus des boucs émissaires, en particulier le général David Elazar, chef de l’état- major. Dayan, en colère, me demande de ne plus évoquer cette guerre et change de sujet en dépit de mon insistance. On évoque le rôle de Golda et sa forte personnalité. Il la critique pour avoir donné raison au général Elazar en prenant parti  pour lui.
Dayan sait qu’il ne lui reste que quelques jours à vivre et il nous le dit cruellement, toujours avec le sourire : «  la mort ne m’effraye pas ; je la ressens et je la vois venir. Je ne suis pas du tout un fataliste. » En parlant de mort avec un sourire macabre, j’aperçois sa belle fossette  accentuer le creux de la joue gauche. Son visage paraît soudain triste et mélancolique. Une heure après notre entretien, Dayan m’appelle à mon domicile et me dit au téléphone : « Je voulais te dire que je n’ai aucune rancune vis-à-vis de Golda. »
Avant de nous quitter, il me demande de ne pas oublier de « régler » ses honoraires pour cette interview. Triste de constater que le général légendaire demeure toujours lucide sur les questions d’argent même au plus fort de sa maladie. D’ailleurs, dans la même semaine, il avait vendu au musée d’Israël ses objets archéologiques pour la somme d’un million de dollars. Sa collection est unique au monde pour ses objets de la période néolithique. 
Cinq jours après notre entretien, il s’éteint. Il sera inhumé comme un simple citoyen sur la colline qui surplombe le village de Nahalal.
Dayan a conservé toute sa vie un optimisme inébranlable, une philosophie souriante et un charme juvénile qui lui a valu la sympathie et l’admiration de toute une génération  d’Israéliens et des Juifs du monde entier et même le respect de ses adversaires politiques ainsi que des dirigeants arabes.
Résolu dans la guerre, il a aussi été courageux et clairvoyant dans la recherche de la paix. » 

Moshe Dayan, marié, père de trois enfants, dont l’aînée, Yael fut députée à la Knesset. Auteur de plusieurs livres. Il fut aussi passionné d’archéologie.

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Poème rédigé par Dayan vers la fin de sa vie.

A la fin du jour

J’ai suivi mon chemin sans montrer mon chagrin ni ma joie,

j’ai vécu ma vie

Je ne pouvais faire que deux choses :

Semer le blé, le labourer, le moissonner et combattre les fusils qui menacent nos maisons

Que chacun de vous cultive la terre de nos ancêtres avec l’épée à portée du lit

A la fin de vos jours, prenez-là et remettez-là à vos enfants

http://www.un-echo-israel.net

http://fr.wikipedia.org

http://www.universalis.fr

http://www.jcpa-lecape.org

Extraits  du livre  de Freddy  Eytan  « les 18  qui ont fait Israel » paru  en  novembre  2007  aux éditions Alphée- Jean-Paul Bertrand.

Pourquoi le judaisme n’aime pas les caricatures !

A la mémoire des artistes qui périrent
dans les camps de concentration allemands.

Les peintres juifs ne commencèrent à être connus que durant la deuxième moitié du XIXe siècle lorsque leurs coreligionnaires purent enfin profiter du mouvement d’émancipation qui se manifesta à cette époque en Europe. Auparavant, peu de Juifs s’étaient consacrés à la peinture du fait que leur condition sociale ne leur avait pas permis de travailler librement et que leur religion prohibait la représentation des figures humaines. Toutefois, cet interdit ne fut pas observé à la lettre durant l’antiquité et même au Moyen Age comme on le constata à travers certains livres liés au rituel.

Le deuxième Commandement, qui représente un des principes de base du Judaïsme, décrète que le croyant ne doit pas représenter des dieux par des statues ou des images que ce soit au niveau des cieux, de la terre ou de la mer. Ce texte rappelle également aux croyants qu’ils ne virent pas l’image de Dieu le jour où il leur parla et que de ce fait, ils ne doivent pas créer de statue représentant tout symbole ou d’image d’homme ou de femme et même d’animal vivant sur la terre (Deutéronome 4:16-18).

Ce Commandement eut une influence considérable sur le cours historique de l’art juif, restreignant ou inhibant de ce fait son plein développement.
Durant plusieurs siècles, les autorités talmudiques ou Rabbiniques eurent tendance à renforcer ce décret et jugèrent plusieurs fois les représentations d’images comme idolâtres.

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Samuel Joseph Agnon

Samuel Joseph Agnon  dans Culture juive agnon

Qui se souvient encore que Samuel Joseph Agnon a reçu le prix Nobel de littérature en 1966, en même temps que la poétesse juive allemande Nelly Sachs ?
C’était pourtant le premier écrivain de langue hébraïque, et le seul à ce jour encore, à être ainsi récompensé. Au-delà de lui c’était la renaissance d’une langue et d’une nation qui était ainsi reconnues. Peu de livres traduits en français sont actuellement disponibles. Il s’agit pourtant d’un des plus grands écrivains du vingtième siècle.
Ceux qui ont pu lire le Chien Balak ou « Temol Shilshom » (Demain après-demain, ou cela se passait hier) sont à jamais marqués par son écriture et sa grandeur.
Agnon parle essentiellement de la déchirure entre le vieux monde juif et le monde moderne.
Il a su rendre vie à toutes les communautés aujourd’hui disparues.

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La Déclaration d’Indépendance d’Israël du 14 May 1948

 

ERETZ-ISRAEL est le lieu où naquit le peuple juif. C’est là que se forma son caractère spirituel, religieux et national. C’est là qu’il réalisa son indépendance, créa une culture d’une portée à la fois nationale et universelle et fit don de la Bible au monde entier.

Contraint à l’exil, le peuple juif demeura fidèle au pays d’Israël à travers toutes les dispersions, priant sans cesse pour y revenir, toujours avec l’espoir d’y restaurer sa liberté nationale.

Motivés par cet attachement historique, les juifs s’efforcèrent, au cours des siècles, de retourner au pays de leurs ancêtres pour y reconstituer leur Etat. Tout au long des dernières décennies, ils s’y rendirent en masse : pionniers, maapilim et défenseurs. Ils y défrichèrent le désert, firent renaître leur langue, bâtirent cités et villages et établirent une communauté en pleine croissance, ayant sa propre vie économique et culturelle. Ils n’aspiraient qu’à la paix encore qu’ils aient toujours été prêts à se défendre. Ils apportèrent les bienfaits du progrès à tous les habitants du pays. Ils nourrirent toujours l’espoir de réaliser leur indépendance nationale.

En 1897, inspiré par la vision de l’Etat juif qu’avait eue Théodore Herzl, le premier congrès sioniste proclama le droit du peuple juif à la renaissance nationale dans son propre pays. Ce droit fut reconnu par la Déclaration Balfour du 2 novembre 1917 et réaffirmé par le mandat de la Société des nations qui accordait une reconnaissance internationale formelle des liens du peuple juif avec la terre d’Israël, ainsi que de son droit d’y reconstituer son foyer national.

La Shoah qui anéantit des millions de juifs en Europe, démontra à nouveau l’urgence de remédier à l’absence d’une patrie juive par le rétablissement de l’Etat juif dans le pays d’Israël, qui ouvrirait ses portes à tous les juifs et conférerait au peuple juif l’égalité des droits au sein de la famille des nations.

Les survivants de la Shoah en Europe, ainsi que des juifs d’autres pays, revendiquant leur droit à une vie de dignité, de liberté et de travail dans la patrie de leurs ancêtres, et sans se laisser effrayer par les obstacles et la difficulté, cherchèrent sans relâche à rentrer au pays d’Israël.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, le peuple juif dans le pays d’Israël contribua pleinement à la lutte menée par les nations éprises de liberté contre le fléau nazi. Les sacrifices de ses soldats et l’effort de guerre de ses travailleurs le qualifiaient pour prendre place à rang d’égalité parmi les peuples qui fondèrent l’Organisation des Nations unies.

Le 29 novembre 1947, l’Assemblée générale des Nations unies adopta une résolution prévoyant la création d’un Etat juif indépendant dans le pays d’Israël et invita les habitants du pays à prendre les mesures nécessaires pour appliquer ce plan. La reconnaissance par les Nations unies du droit du peuple juif à établir son Etat indépendant ne saurait être révoquée.

C’est de plus, le droit naturel du peuple juif d’être une nation comme les autres nations et de devenir maître de son destin dans son propre Etat souverain.

EN CONSEQUENCE, NOUS, MEMBRES DU CONSEIL NATIONAL REPRESENTANT LE PEUPLE JUIF DU PAYS D’ISRAEL ET LE MOUVEMENT SIONISTE MONDIAL, REUNIS AUJOURD’HUI, JOUR DE L’EXPIRATION DU MANDAT BRITANNIQUE, EN ASSEMBLEE SOLENNELLE, ET EN VERTU DES DROITS NATURELS ET HISTORIQUES DU PEUPLE JUIF, AINSI QUE DE LA RESOLUTION DE L’ASSEMBLEE GENERALE DES NATIONS UNIES, PROCLAMONS LA FONDATION DE L’ETAT JUIF DANS LE PAYS D’ISRAEL, QUI PORTERA LE NOM D’ETAT D’ISRAEL.

NOUS DECLARONS qu’à compter de la fin du mandat, à minuit, dans la nuit du 14 au 15 mai 1948, et jusqu’à ce que des organismes constitutionnels régulièrement élus entrent en fonction, conformément à une Constitution qui devra être adoptée par une Assemblée constituante d’ici le 1er octobre 1948, le présent Conseil agira en tant qu’Assemblée provisoire de l’Etat et que son propre organe exécutif, l’administration nationale, constituera le gouvernement provisoire de l’Etat d’Israël.

L’ETAT D’ISRAEL sera ouvert à l’immigration des juifs de tous les pays où ils sont dispersés; il développera le pays au bénéfice de tous ses habitants; il sera fondé sur les principes de liberté, de justice et de paix enseignés par les prophètes d’Israël; il assurera une complète égalité de droits sociaux et politiques à tous ses citoyens, sans distinction de croyance, de race ou de sexe; il garantira la pleine liberté de conscience, de culte, d’éducation et de culture; il assurera la sauvegarde et l’inviolabilité des Lieux saints et des sanctuaires de toutes les religions et respectera les principes de la Charte des Nations unies.

L’ETAT D’ISRAEL est prêt à coopérer avec les organismes et représentants des Nations unies pour l’application de la résolution adoptée par l’Assemblée le 29 novembre 1947 et à prendre toutes les mesures pour réaliser l’union économique de toutes les parties du pays.

NOUS FAISONS APPEL aux Nations unies afin qu’elles aident le peuple juif à édifier son Etat et qu’elles admettent Israël dans la famille des nations.

Aux prises avec une brutale agression, NOUS INVITONS cependant les habitants arabes du pays à préserver les voies de la paix et à jouer leur rôle dans le développement de l’Etat sur la base d’une citoyenneté égale et complète et d’une juste représentation dans tous les organismes et les institutions de l’Etat, qu’ils soient provisoires ou permanents.

NOUS TENDONS la main de l’amitié, de la paix et du bon voisinage à tous les Etats qui nous entourent et à leurs peuples. Nous les invitons à coopérer avec la nation juive indépendante pour le bien commun de tous. L’Etat d’Israël est prêt à contribuer au progrès de l’ensemble du Moyen Orient.

NOUS LANÇONS UN APPEL au peuple juif de par le monde à se rallier à nous dans la tâche d’immigration et de mise en valeur, et à nous assister dans le grand combat que nous livrons pour réaliser le rêve poursuivi de génération en génération : la rédemption d’Israël.

CONFIANTS EN L’ETERNEL TOUT-PUISSANT, NOUS SIGNONS CETTE DECLARATION SUR LE SOL DE LA PATRIE, DANS LA VILLE DE TEL AVIV, EN CETTE SEANCE DE L’ASSEMBLEE PROVISOIRE DE L’ETAT, TENUE LA VEILLE DU CHABBATH, 5 IYAR 5708, QUATORZE MAI MIL NEUF CENT QUARANTE-HUIT.

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