Ehud Barak (1942)

Premier ministre d’Israël, ministre de la Défense, 14ème chef d’état-major de Tsahal. Occupa également les postes de ministre de l’Intérieur, de ministre des Affaires étrangères et de ministre de la Défense. Il est celui qui a été le plus décoré par Tsahal.

Ehud Barak est né en 1942 au Kibboutz de Mishmar ha-Sharon. Il est le fils aîné d’Ester et Israël Brug qui immigrèrent dans les années trente et furent parmi les fondateurs du Kibboutz. Il a reçu le nom du juge biblique, Ehud fils de Guéra. Il se distingua dans son enfance par sa façon de jouer au piano et son art de démonter les serrures et les montres. Il ne termina pas le lycée, ayant été mis à la porte en classe terminale. Il termina toutefois les examens nécessaires à l’obtention du baccalauréat pendant son service militaire. Durant les trente-six mois de ce service, il remplit de nombreuses fonctions opérationnelles et de commandement.

En 1959, Ehud Barak s’engagea dans Tsahal et fut volontaire dans une petite unité qui fut créée alors et qui s’appelait « le groupe de reconnaissance du chef d’état-major général ». Dès 1971, Ehud Barak commanda le groupe de reconnaissance et fut parmi les plus éminents de ses commandants. A son époque le groupe de reconnaissance reçut le monopole des opérations spéciales et devint une unité spéciale de lutte contre le terrorisme. Durant sa période de service dans le groupe de reconnaissance, il reçut quatre citations pour les actions qu’il avait organisées et commandées. Il reçut au total cinq citations durant son service militaire, la plus haute décoration et quatre citations pour courage et excellence dans le combat.

Sa progression dans la filière militaire fut météorique. En sept années, il passa du grade de lieutenant-colonel à celui de général d’armée et en neuf années supplémentaires, au plus haut grade de la hiérarchie militaire. Dans le groupe de reconnaissance, on lui donna le surnom de « Napoléon ». Il obtint en 1968 une licence en physique et en mathématiques de l’Université Hébraïque de Jérusalem. En 1973, sa fonction dans le groupe de reconnaissance prit fin. Il se recycla alors dans les blindés et partit étudier à l’université de Stanford aux Etats-Unis. Lorsqu’éclata la guerre de Kippour, il revint en Israël et fut envoyé au Sinaï, où il participa au combat de la « ferme chinoise » avec Itzhak Mordekhai et Amnon Lipkin-Shahak.

En 1976, il commanda l’unité qui organisa l’opération Entebbe pour libérer les otages de l’avion d’Air France et aurait dû commander la force qui ferait irruption dans le terminal. Au dernier moment, il fut décidé de l’envoyer au Kenya, pour coordonner l’atterrissage des avions de sauvetage. A sa place fut nommé Yonatan Netanyahu qui fut tué au cours de l’opération.

En 1977, Barak termina à l’Université de Stanford son diplôme de maîtrise. Un an plus tard, il reprit du service à Tsahal et en janvier 1982, il fut promu au rang de général et fut nommé chef du département de la planification à l’état-major général. Il fut parmi ceux qui conçurent le programme « Ornim » qui devint l’ »Opération de Paix de la Galilée ». Dans les années 80, il remplit les fonctions de chef du département des Renseignements, de commandant de la région Centre et d’adjoint du chef d’état-major général.

En avril 1991, le ministre de la Défense d’alors, Moshe Arens, le nomma chef d’état-major général, malgré l’opposition du Premier ministre, Itzhak Shamir, qui soutenait la candidature de Yossi Pélèg. Au début de son mandat comme chef d’état-major général, il désira fermer la station de radio militaire, « Galei Tsahal« , prétendant que « tout ce qui ne tirait pas devait être supprimé ». Il voulut même fermer Tsahal aux médias, mais il ne réussit pas.

Ehud Barak nomma comme généraux ses amis du groupe de reconnaissance, Néhémie Tamari, Ouzi Dayan, Amiram Lévin et Dani Yatom et exclut ceux qui faisaient partie du précédent état-major général. Il renforça les unités spéciales en personnel et en budget, et ordonna aux commandants des secteurs de Judée, de Samarie et e Gaza de répondre par le bouclage des territoires à tout incident violent. Barak fut également celui qui demanda l’expulsion vers le Liban de quatre cents activistes du Hamas.

La carrière militaire de Barak fut assombrie par l’affaire des « Tzaalim B ». Le 5 novembre 1992, cinq soldats furent tués et six furent blessés dans un entraînement pour une opération destinée, selon une source étrangère, à liquider le président de l’Irak, Sadam Hussein. Dans l’enquête qui fut publiée dans le journal Yediot Aharonot, les soldats, qui avaient participé à l’exercice, soutinrent que Barak avait quitté le lieu d’entraînement avant l’évacuation des blessés. Le 15 mars 1999, fut publié le rapport du contrôleur de l’Etat, Eliezer Golberg. Il montra que ces accusations étaient fausses et que le chef d’état-major était resté sur les lieux 45 minutes après la catastrophe.

En tant que chef d’état-major, Ehud Barak supervisa le nouveau déploiement de l’armée à Gaza et à Jéricho dans le cadre de l’accord d’Oslo. Durant cette période, Barak rencontra plusieurs fois le chef d’état-major général syrien, dans le cadre des pourparlers de paix entre les deux Etats. En juillet 1993, après une escalade de la violence à la frontière nord, Barak prit l’initiative, avec le Premier ministre et ministre de la Défense d’alors, Itzhak Rabin, de monter l’opération « Justice rendue » (Din VeHeshbon). L’opération, qui fut organisée suite à l’escalade de la violence à la frontière nord, fut la plus grande action d’envergure accomplie par Tsahal depuis la guerre du Liban.

En janvier 1995, Ehud Barak quitta Tsahal, partit pour Washington et ouvrit un bureau d’investissements. Six mois plus tard, à la demande du Premier ministre, Itzhak Rabin, il devint membre du gouvernement au titre de ministre de l’Intérieur. En novembre 1995, après l’assassinat de Rabin, Shimon Pérès le nomma ministre des Affaires étrangères de son gouvernement. A cette fonction, Barak fut de ceux qui menèrent au Liban en avril 1996 l’opération « Raisins de la Colère« . Cette opération fut décidée à la suite de l’escalade des actions violentes contre Israël de l’organisation du Hezbollah.

Aux élections de 1996, Barak fut élu député sur la liste du parti travailliste. En juin 1996, il fut élu secrétaire général du parti travailliste à la place de Shimon Pérès, et fut ainsi nommé chef de l’opposition. Comme secrétaire général du parti travailliste, il annonça le règlement des dettes du parti depuis les élections de 1996 et voulut renvoyer des dizaines de ses employés, mais ces derniers se barricadèrent au siège du parti et il fut obligé de revenir sur sa décision. Barak prit des décisions fondamentales sans prendre avis des autres ténors de son parti, ce qui éveilla leur colère. C’est ainsi par exemple qu’il prit la décision de demander les services de trois conseillers américains. Ces derniers conduisirent Barak à la victoire aux élections de 1999.

En septembre 1997, le soir de la réunion du congrès du parti travailliste, Barak fit une demande de pardon aux communautés orientales. La proposition de loi d’enrôler les étudiants des Yeshivot, qui fut présentée devant la 14ème Knesset provoqua contre lui la colère des gens de stricte observance religieuse. Dans une interview télévisée, Barak déclara : « Je suppose que si j’avais été palestinien quand j’étais jeune, j’aurais fait partie alors d’un mouvement terroriste. » Cette déclaration sur laquelle plus tard il s’excusa, fut utilisée contre lui par le parti du Likoud en 1999 lors de sa campagne électorale. A l’approche de ces élections, Barak unit le parti travailliste aux mouvements « Gesher » dirigé par David Lévi et « Meimad » conduit par Mikhaël Melchior et fonda le groupe parlementaire « Israel Ahat » (Israël Un). Barak l’emporta aux élections à la Knesset et à la direction du gouvernement, contre le candidat de droite, Benjamin Netanyahu, par une majorité de 56% contre 44%. Il exerça alors les fonctions de Premier ministre et de ministre de la Défense.

Fin mai 2000, Ehud Barak conduisit, en tant que Chef du gouvernement, le déroulement du désengagement unilatéral de Tsahal du Liban. Durant ses fonctions de Premier ministre, Barak voulut arriver à un accord final de paix avec le peuple palestinien. Cette tentative parvint à son apogée avec les discussions de Camp David, mais elle ne fut pas couronnée de succès. Peu de temps après l’échec de la rencontre de Camp David, l’Intifada d’El-Aqsa éclata ; une vague terroriste envahit l’Etat d’Israël, ce qui amena à avancer les élections.

Le 6 février 2001, Barak fut battu avec une énorme différence par Ariel Sharon et remit sa démission de la Knesset et de la présidence du parti travailliste.

En l’an 2000, le conseiller juridique du gouvernement décida d’ouvrir une enquête sur l’affaire du financement de la campagne électorale de Barak en 1999. En 2001, Barak fut interrogé par la justice et considéré comme suspect d’avoir enfreint la loi de financement des partis dans « l’affaire des associations de Barak ». En 2003, le conseiller juridique du gouvernement décida de fermer le dossier d’enquête contre lui faute de preuves suffisantes.

Dans la plupart de ses actions dans le monde militaire et politique, Barak fut gratifié de l’image d’ »enfant prodige » et de chef possédant des aptitudes extraordinaires. Son image s’assombrit précisément durant la courte période où il assuma les fonctions de Premier ministre. Depuis qu’il a quitté cette fonction, un vif débat se poursuit dans les médias et dans le public à propos de l’influence qu’il a eue sur l’Etat d’Israël durant son mandat.

Après sa démission, Ehud Barak a rempli la fonction de conseiller de diverses sociétés en Israël et à l’étranger. Il est également un conférencier très demandé. Fin 2004, il annonça son retour à la vie politique. Après la victoire d’Amir Péretz à la tête des travaillistes et l’échec de Shimon Pérès qu’il avait soutenu, Ehud Barak décida de ne pas se présenter comme candidat à la 17ème Knesset lors des élections primaires du parti.

Le 7 janvier 07 Ehud Barak décide de revenir sur le devant de la scène politique et de se présenter comme candidat au poste de secrétaire général aux élections primaires du parti travailliste en mai. Le 12 juin 2007, il gagne les primaires avec 51, 3% des voix contre Ami Ayalon.
Le 15 juin, il est
nommé ministre de la Défense dans le gouvernement Olmert à la place de Amir Péretz.

Comme ministre de la Défense, il dirigera l’opération « plomb durci » dans la Bande de Gaza. Sa côte de popularité remonta alors auprès du public israélien mais lors des élections de la 18ème Knesset, son parti, dont il est le leader, n’obtient que 13 mandats.

Marié deux fois, il est père de trois filles.

Source :

http://www.un-echo-israel.net/Ehud-Barak



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